Podcasts – Metaclassique

Metaclassique :

REVENIR – Mardi 17 novembre 2020 – PAR DAVID CHRISTOFFEL

 

Tout en lui reconnaissant quelques similitudes avec les grandes questions existentielles, on pourra entendre dire de l’épanouissement musical qu’il consiste à savoir se renouveler, mais encore qu’il n’ira jamais très loin sans entretenir une certaine fidélité à soi-même. Et s’il n’y a pas plus important, pour qui fait de la musique de temps en temps ou toute sa vie, d’y investir des choses spécialement décisives, c’est donc par là qu’il devrait convenir d’interroger les  créateurs, dans ce qui se tisse d’un projet musical à un autre. Cela supposerait de sortir de la logique propre de tel ou tel opus pour se donner une chance de toucher à ce qui compte. Cela demanderait un renversement des habitudes journalistiques : au lieu d’interroger les artistes sur leur actualité, sur leur projet du moment, il faudrait organiser les choses pour leur permettre de déplier ce qui traverse les différentes étapes de leur parcours, ce qui se faufile dans leurs œuvres au fil des années. C’est exactement avec cette intention que ce numéro de Métaclassique accueille une invitée unique, la compositrice Violeta Cruz, mais à deux moments bien distants dans le temps. Après l’avoir interrogée une première fois il y a une dizaine d’années, nous l’invitons à revenir sur ce qu’elle avait dit à l’époque et qui serait susceptible de tenir encore dix ans plus tard.

Avec la participation d’Omer Corlaix.

Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

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Métaclassique #93 – Revenir


Metaclassique :

EMBALLER – Mardi 10 novembre 2020 – PAR DAVID CHRISTOFFEL

 

De l’histoire impressionnante d’une jeune pianiste hors du commun à la success story d’un virtuose dont le parcours est incroyable, les exercices d’admiration se focalisent sur les destins et les histoires avec superlatifs intégrés quelquefois plus que sur la beauté de l’art et les plaisirs de la musique. Et quand les commentaires sur la vie des musiciens sont pris dans une telle surenchère narrative, il n’est même plus toujours question de musique, le bal des destins exceptionnels finit par obstruer l’essentiel. Mais si la compétition des histoires extraordinaires doit commander le nouvel ordre artistique, comment en vouloir à ceux qui jouent le jeu pour essayer d’y survivre ? Quand, par exemple, un poète collabore avec un compositeur avec la ferme intention de monter en épingle un scandale, le récit des événements peut à son tour devenir stratégique et, par suite, basculer dans le storytelling, à moins qu’il ne cherche à le perturber. Pour faire entendre comment l’artiste devient l’emballage d’un art plus ou moins critique sur l’ère de l’emballage, nous avons organisé une rencontre entre Pierre Brévignon, qui vient de faire paraître Le Groupe des six aux Éditions Actes Sud et Christian Salmon, l’auteur de l’essai Storytelling. La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits aux Éditions La Découverte. 

Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

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Metaclassique :

ENSORCELLER – Mardi 03 novembre 2020 – PAR DAVID CHRISTOFFEL

On sait – à moins qu’on ne fasse que supposer – que les sorcières chantaient, suivaient un certain refrain, un certain rythme. Mais de là à parler d’une musique sorcière, même si c’est pour dire qu’on ne sait pas à quoi elle peut exactement ressembler, ce serait peut-être déjà aller trop loin. Dans Musique sorcière d’une certaine Meri Franco Léo, on pouvait lire en 1976 : « La musique des sorcières faisait partie d’un tout, d’une cosmogonie, et elle a subi la même répression que leur médecine, leur astrologie, et leurs savoirs. » Et c’est certainement par l’histoire de leur répression que l’histoire des sorcières est la mieux renseignée. Et pour cause : Si on n’a peut-être jamais vu en vrai une sorcière voler sur un balai, on a pourtant bien instruit des procès en sorcellerie contre des femmes auxquelles on a reproché, pour de vrai, de voler sur un balai. Pour démêler, tout en les croisant, les procès en sorcellerie du Moyen-Âge et les activités musicales de l’époque, nous recevons deux médiévistes : l’historien Maxime Perbellini qui termine à l’EHESS à Parais et à l’Université Libre de Bruxelles, une thèse sur les sorcières au Moyen-Âge et la musicologue Isabelle Ragnard qui enseigne à l’Université Paris-Sorbonne et au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.

Avec la participation d’Omer Corlaix.

Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

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ATTENDRE – Mardi 27 octobre 2020 – PAR DAVID CHRISTOFFEL

Quand la musique commence une phrase, l’auditeur peut très vite imaginer comment elle va continuer. À ce moment-là, il y a au moins deux types d’auditeurs : ceux qui se réjouissent du réconfort éprouvé à l’écoute d’une phrase qui se poursuit comme son commencement laissait prévoir qu’elle se poursuive et ceux qui s’agacent de l’ennui provoqué par un déroulement si prévisible. Mais les choses ne sont pas aussi manichéennes, puisqu’il y a donc au moins deux types de compositeurs : ceux qui comptent sur le plaisir certain qu’ils fourniront aux auditeurs auxquels ils offrent ce qu’ils annoncent qu’ils leur font attendre et ceux qui mettent une part d’imprévu pour mêler dans leur musique un mélange d’inattendu et de surprenant. Mais au-delà même des humeurs des auditeurs et des dispositions psychologiques de celles et ceux qui écrivent la musique, il en va d’une question de langage : quelles sont les manières de fabriquer une mélodie qui laissent plus ou moins grande prise aux attentes mélodiques ? Y a-t-il des formes musicales plus faciles à anticiper ? Si oui, que peut-on déduire sur le compte de celles et ceux qui les préfèrent ? Pour répondre à ces questions, nous allons plonger dans les sciences cognitives, avec deux chercheurs du Laboratoire des systèmes perceptifs de l’ENS d’Ulm à Paris : Jackson Graves et Guilhem Marion.

Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

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Métaclassique #90 – Attendre


Metaclassique :

REBUFFER – Mardi 20 octobre 2020 – PAR DAVID CHRISTOFFEL

Si vous devez dessiner un rébus pour faire deviner le prénom Sidonie, vous serez tenté, avant de dessiner un nid d’oiseau pour la dernière syllabe, de penser aux notes de musique « si » et « do » et dessiner une portée musicale avec les notes qui feront penser au début du prénom Sidonie. Le poète oulipien Georges Perec, avait poussé l’idée d’utiliser les notes de musique pour former des phrases intégralement chantables, dans un opéra intitulé L’art effaré qui, indépendamment de l’effarement annoncé, était strictement homophone avec la suite de 4 notes : la, ré, fa, ré.  Il s’agissait, en fait, d’un opéra pentaphonique, avec les 120 permutations permises par les cinq notes « do ré mi la si », avec un jeu de mot pour chaque permutation. Par exemple : la suite « la si mi do ré » laisse presque entendre « l’alchimie dorée », alors que les cinq notes dans l’ordre « ré si la mi do » a inspiré à Georges Perec, la phrase : « Rêche il mit la dose ». 400 ans avant l’Oulipo, ces jeux avec les noms des notes étaient très à la mode au 16è siècle, non pas pour faire de la littérature truculente, mais bien pour aboutir à de la très belle musique. Pour rentrer dans le dédale de ces rébus, énigmes et autres hiéroglyphes musicaux du 16è siècle, nous recevons le musicologue Guillaume Bunel qui enseigne l’histoire de la musique à l’Université Paris-Sorbonne et avec lequel nous allons composer un florilège de jeux avec les notes à la Renaissance, à commencer par une messe de Josquin des Prés intitulée « la sol fa ré mi », suivant un double sens qu’il nous a expliqué.

Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

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Métaclassique #89 – Rebuffer


Metaclassique :

IMPROVISER – Mardi 13 octobre 2020 – PAR DAVID CHRISTOFFEL

Improviser est souvent défini par défaut.  Ce serait presqu’une manière d’éviter de composer. Ou, pour le dire plus positivement : une tentative de composer plus près de l’instant, plus en prise avec le temps de l’exécution. Mais là où la distinction entre improviser et composer est décidément asymétrique : au sens la composition se définit beaucoup plus couramment sans référence à l’improvisation que l’inverse. Pour entrer un peu plus à fond dans les ambivalences des passages de l’une à l’autre, nous recevons une musicienne qui, depuis qu’elle fait de la musique, passe de l’improvisation à la composition avec des allers et des retours qui ne peuvent pas se faire avec les mêmes personnes et aux mêmes moments, Eve Risser. Et puis, deux spécialistes de l’improvisation : Clément Canonne (CNRS/IRCAM) et Nicolas Dufetel (CNRS/IReMus) qui s’intéresse à l’improvisation de répertoire.

Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

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Métaclassique #88 – Improviser


Metaclassique :

MYSTIFIER – Mardi 6 octobre 2020 – PAR DAVID CHRISTOFFEL

Antonio Stradivari au travail

Alors que la firme Native Instruments commercialise depuis cet été, un synthétiseur virtuel à partir d’échantillon d’enregistrement d’un violon Stradivari pour 199 €, rappelons-nous : Antonio Giacomo Stradivari est né à Crémone, dans le duché de Milan, en 1644. En 93 ans d’existence, il a produit quelques 500 instruments aujourd’hui surcotés, certains exemplaires pouvant être vendu aux enchères entre 30 ou 40 millions de dollars. À ce prix-là, il se dit que certains luthiers peuvent être tentés, quand ils ont à faire à un très beau et très bon violon moderne qui réunit toutes les qualités qui font la réputation et le prestige des plus fameux des anciens, de leur accoler une étiquette Stradivarius qui leur permettra de les vendre avec 1, 2 ou 3 zéros de plus. On pourrait toujours et encore se demander comment faire pour démêler le vrai du faux, séparer la réalité de la fiction. Mais cela reviendrait à ne pas voir l’essentiel, à savoir : comment est-ce que la réalité est bien obligée de s’adapter au mythe, à vivre avec et, surtout, à jouer avec lui. On se demandera alors comment, pour la dépasser, la réalité cohabite et doit surtout coopérer avec les jeux de mystifications qui continuent d’entourer ces instruments. Pour rentrer dans le détail de la cohabitation, nous sommes heureux de réunir, pour la première fois publiquement, Claudia Fritz chargée de recherche CNRS au sein de l’équipe Lutheries-Acoustique-Musique à l’Institut Jean le Rond d’Alembert de Sorbonne Université et Jean-Philippe Echard qui, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Paris, travaille depuis vingt ans pour le Musée de la musique à la Philharmonie de Paris : d’abord comme ingénieur de recherche et aujourd’hui comme conservateur spécialiste des violons en général et des Stradivarius en particulier.

Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

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Metaclassique #87 – Mystifier